LA PALU, PRAIRIE BLESSEE
LA PRAIRIE DE LA PALU MARAIS ENCLAVE PAR LE DEVELOPPMENT DE LA VILLE DE SAINTES
LA PRAIRIE DE LA PALU - SAINTES
PAYSAGE AMENAGE & SAUVAGE

L'arbre fantôme dortoire de hérons dominant la roselière - photographie Wolfgang Autexier

Canal traversant la roselière - photographie Wolfgang Autexier
La prairie de la Palu à Saintes est une ZNIEF (Zone Nationale d’Intérêt Ecologique et Forestier) classée Natura 2000. Cet espace d’environ 120 hectares est un paysage mixte composé de prairies inondables, de bois et de roselières. Le site est découpé par des canaux et des fossés qui relient entre elles marres et lagune. Cet espace est donc un condensé de différant biotopes ; il est, en principe, propice au développement d’une faune et d’une flore toute à la fois riche et variée.
En dépit d'un aspect simple de site aménagé, on peut observer nombre d'annomalies dans cette prairie. Sur la partie haute, il existe une plantation récente de frenes qui semblent ne pas arriver à vivre sur ce terrain (croissence quasi nule, certains arbres ne survivent pas, d'autres sembles malades...) Alors que les frenes anciens existants tout autour de cette plantation, eux poussent correctement. On note également la rareté des batraciens qui sur un tel site devraient être légions. Quelles sont les causes précises de ces anomalies ?
Négligé, ce site est souvent un espace naturel malmené, pas respecté. On a négligé sa surveillance, on a mal conçu son réaménagement, on a pas traité ses problèmes (liés à la roximité de la ville),… on a mal compris la valeur et l’importance de ce site. Comme elle le peut, la nature reprend ces droits en dépit des erreurs de l’espèce humaine. Au travers de mes images, j’en présente le meilleur visage : il faut considérer la prairie de la Palu comme un espace complexe et un coin de nature blessé.

Héron garde-boeuf et cygne sur l'île - photographie Wolfgang Autexier

Les cygnes sur l'île - photographie Wolfgang Autexier

Brume sur le lac - photographie Wolfgang Autexier

Le canal de dérivation - photographie Wolfgang Autexier

L'arbre fantôme émergeant de la brume - photographie Wolfgang Autexier
UNE ENCLAVE URBAINE : " SANTONUM CENTRAL PARC "

La basilique St Pierre vue depuis le lac - photographie Wolfgang Autexier

La basilique St Eutrope vue depuis la roselière - photographie Wolfgang Autexier
Certains écologistes et certain élus, naïfs ou démagogues, voudraient traiter la prairie de la Palu comme tout autre espace sauvage : notamment en plaidant pour un classement en réservé naturel. C’est une confusion grossière entre espace sauvage et espace de nature. La prairie de la Palu n’a d’un espace sauvage que certains aspects (vus sous l’angle des mes photographies). Les plantations et équipements réalisés, l’entretient des espaces en font un espace aménagé et non sauvage. Par ailleurs, ce coin de nature exigü (120 hectares seulement) est enclavé par la ville. De part et d’autre les profils urbains stoppent les perspectives. Lycée à l’Est. Abbaye aux Dames, parc des expositions, basilique Saint Pierre et basilique Saint Eutrope au Nord. Barres des citées à l’Ouest. Infrastructure routières et ferroviaires au Sud.
La prairie de la Palu est à seulement cinq petites minutes, à pied, de l’hyper-centre de Saintes. La prairie est en interaction permanant avec la vie urbaine : on y tire même les feux d’artifice du 14 Juillet. Par sa situation, ce coin de nature est un espace urbain laissé à la nature. Cet espace ne peut pas être considéré comme tout autre espace sauvage comme le sont le delta des Seugnes par exemple ou la réserve de Moëz. Le manque de compréhension, le manque d’analyse, le manque d’objectivité ont condit à la dégradation progressive de cet espace qui pourrait être remarquable.
La prairie de la Palu pourrait être un échantillon de « patrimoine vert » incrusté au cœur du « patrimoine pierre » ; mais pour parvenir à cette symbiose, il faudrait d’abord que chacun cesse de penser que la ville s’arrête à l’Avenue de Saintonge. La ville s’arrête à la rocade Sud depuis des décennies. A l’instar de certain parc naturel en cœur de ville, la ville englobe la prairie de la Palu tel un écrin urbain. C’est ce qui n’as été ni anticipé, ni compris.
LA PHOTOGRAPHIE VRAIE TRAVESTIE LA REALITE

L'arbre fantôme, dortoire de hérons - photographie Wolfgang Autexier
En bien des circonstances, la photographie est érigée en représentation objective du monde. Selon cette hypothèse, et en considérant mes images, la prairie saintaise est une réserve naturelle sauvage à deux pas du centre ville. Ce n’est pas exact. La prairie est un coin de nature, bien moins sauvage qu’elle n’y apparait au travers de mes images. Mon reportage paysager, est plus proche de ce que devrait être la prairie de la Palu, que de ce qu’elle est en réalité.
J’ai photographié la prairie telle qu’elle l’est sous certains angles de vue ; cependant mes images montrent ce qu’il faudrait faire de cet espace : une pépite de patrimoine sauvage serti de clochers iconiques. Comme quoi, même des images fidèles à la réalité, peuvent conter une fantaisie ou un rêve. Je tiens par ce propos à dénoncer l’absurdité de la « culture Wildlife photographer of the year », de la « culture Festival d Namur » ou de la « culture Montier en Der » qui prônent que les images non travaillées sont des images fidèles à la réalitée. C’est faux : la preuve !
Les obscurentistes du conformisme photographique qui polluent le monde de la photographie animalière, confondent « l’image vraie » et la « photographie objective ». « L’image vraie » pourrait être une aquarelle ou un dessin, autant qu’elle pourrait être une photographie travaillée ou pas ; elle narre une histoire ou une anecdote authentique, sensible, sans pour autant être objective sur le plan scientifique. La photographie objective serait une image dénuée de tout parti pris personnel : personne, d’humain, n’est capable de produire une telle image, la « photographie objective » n’existe pas.